Algérie – A Biskra et ailleurs, c’était bien du sabotage

Il y a quelques jours, on pouvait craindre, mais alors supposer seulement, que les déprédations dont avaient fait l’objet ici et là à travers le pays des équipements sanitaires étaient des actes volontaires, compte tenu notamment de leur multiplicité et parfois de leur simultanéité, ou quasiment. Le doute maintenant n’est plus permis. La confirmation en est venue de la bouche même du président de la République lors du dernier Conseil des ministres.

Ce qui jusque-là pouvait encore passer pour des dégradations dans des centres de soin, en tant que telles déjà aussi inexplicables que révoltantes, étaient en réalité des actes de sabotage conçus et exécutés à froid, dans le but de montrer l’incapacité du système de santé algérien de faire face à l’épidémie. Le but de leurs auteurs est double : faire s’écrouler le système de santé, et par là même provoquer la colère d’une population abandonnée aux affres de l’épidémie. Or ils ne se sont pas contentés de mettre à l’arrêt le système d’oxygénation, à Biskra mais aussi dans d’autres wilayas, et à endommager ou détruire d’autres équipements vitaux dans la lutte contre le coronavirus, ils sont allés jusqu’à dérober des cadavres dans des morgues pour les exposer ensuite dans les rues au regard des passants.

S’il restait possible de caractériser leurs méfaits précédents d’acte de sabotage, et s’en tenir là du moins jusqu’à plus ample informé, la profanation des morts ne relève quant à elle que d’une seule qualification : celle de terrorisme.

La profanation d’un mort ne le cède en rien quant à l’horreur à l’empoisonnement d’un puits. En plus de devoir lutter contre la pandémie, le pays est ainsi mis dans l’obligation d’affronter une vague de terrorisme, car c’est bien de cela qu’il s’agit, dont pour l’heure le terrain d’action semble se borner à l’enceinte des hôpitaux. Il la débordera tôt ou tard si son organisation n’est pas démantelée avant. Il n’existe nulle part dans le monde une situation comme celle-ci.

Même dans les pays en guerre, on ne voit pas l’épidémie devenir un enjeu immédiat, comme peut l’être une position d’un intérêt stratégique quelconque. Ceux qui ici et là dans le pays s’insinuent dans les centres hospitaliers, y commettant soit des dégradations soit carrément des sabotages, quand ce n’est pas des vols de cadavres, sont des terroristes de la pire espèce, et pour l’heure par malheur il n’en existe que chez nous. Qui sont-ils ? A quelle mouvance appartiennent-ils ?

Les enquêtes en cours nous en apprendront davantage à cet égard, il faut l’espérer du moins. Cependant on ne peut que se féliciter de la transparence dont a fait preuve le chef de l’Etat sur un sujet aussi sombre, si blessant pour le pays et ses habitants. De mémoire d’homme, on n’a jamais entendu parler d’agressions contre le personnel soignant en Algérie. Comme par hasard, c’est au moment même où partout dans le monde, les médecins et les infirmiers sont encensés, fêtés, portés aux nues pour leur dévouement par ces temps d’épidémie, il se trouve chez nous des gens pour les cibler tout particulièrement. Leur objectif est clair : provoquer l’effondrement du système de santé, et du même coup la révolte généralisée. Peut-être faire reprendre les choses telles qu’elles étaient avant la propagation du Covid-19, mais à une échelle forcément plus grande, puisque l’incurie du pouvoir algérien se sera entre-temps avérée.

Un mouvement terroriste qui dès le départ se livre à des atrocités comme celles revenant à créer une pénurie d’oxygène et à profaner des morts fait montre d’une sauvagerie extrême dès ses premiers pas. Il n’a pas besoin de monter en cadence, d’en faire plus pour que le pays sache à quel monstre il a affaire.

Le Jour d’Algérie, 28 juil 2020

Tags : Algérie, sabotage, Biskra, coronavirus, covid 19,

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