Algérie / Manque de liquidité dans plusieurs villes de l’Est

Dans plusieurs wilayas de l’Est du pays le manque de liquidité est de toutes les discussions tant il angoisse le citoyen à quelques jours du mois de ramadan. Cette crise sans précèdent qui dure depuis près d’une année, hante les petites bourses déjà fragilisées par la flambée des prix et la rareté de quelques produits de large consommation.

Sans aucun respect des mesures barrières ni de distanciation, retraités, fonctionnaires ou même commerçants vivent l’enfer dans des fils d’attente interminables, devant les bureaux de poste ou les distributeurs automatiques (DAB), le plus souvent hors service ou vides, a constaté le Jeune Indépendant.

A Souk-Ahras, ville natale de Saint Augustin, le calvaire commence à 5h du matin, et à l’approche des fêtes et week-end, c’est vers 4h du matin que des citoyens, qui perçoivent de petites retraites pour la plupart, s’inscrivent sur une liste pour avoir un ticket à l’ouverture du bureau de poste, car les places sont limitées.

«Même avec un ticket, je ne suis pas sûr d’avoir ma retraite aujourd’hui », a déclaré, Nacer Hamrouchi 62 ans, rencontré devant la poste principale de la ville, signalant qu’ils doivent attendre jusqu’à 11h pour savoir si l’argent est disponible ou non.

Angoissé par cette situation, qui a trop durée selon lui, le retraité de la SONITEX a déploré le manque d’information et de considération de la part des responsables locaux d’Algérie poste.

«C’est la loi du silence ici, le receveur de la poste est tout le temps absent ou ne veut recevoir aucun citoyen, et les agents de guichet n’ont aucune information à nous communiquer !», a-t-il dénoncé.

Pour Malik, enseignant de son état, retirer de l’argent de son compte CCP est devenu un «cauchemar» sans fin et une torture qu’il subi chaque fin du mois.

«Il n’ y a pas de magasin où on peut payer par carte, on est astreint de s’infliger cette peine une à deux fois par mois », s’est-il indigné.

Vers 15h, le bureau de poste était bondé. Un désordre hallucinant régnait devant tous les guichets. Des citoyens s’entassaient les uns sur les autres, sans se rendre compte du risque sanitaire, une scène indigne d’un pays comme l’Algérie. « Le plus important est de ne pas rentrer les mains vides », ironise notre enseignant.

Dans un autre bureau de poste situé dans la banlieue de cette ancienne ville numide, le constat est amer. Une trentaine de personnes attendent à l’extérieur du bureau de la cité Draïa Ahmed, mais, pas de signe de liquidité ni de chèques secours.

«J’ai besoin d’argent pour réparer ma voiture et pouvoir rentrer chez moi à Batna, mais ils m’informent ici qu’ils n’ont pas de chèques secours !», s’est plaint Moussa, jeune commerçant accompagné par sa femme et ses deux filles, qui tentait de résoudre son problème avant la tombée de la nuit.

Devant l’insistance du Jeune Indépendant pour rencontrer le receveur du bureau de poste, la cheffe de service nous a informés qu’il ne serait de retour qu’en fin d’après-midi, et qu’elle n’est pas habilitée à répondre à nos questions.

Dans les wilayas de Guelma et d’Annaba, la situation est légèrement différente. La liquidité est disponible au moins trois jours par semaine, mais il est très difficile de faire des retraits d’argent à cause des impressionnantes files d’attente dans les bureaux de poste.

Le Jeune Indépendant, 7 avr 2021

Etiquettes : Algérie, argent, liquidités, retraits,

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