L’Algérie face à la baisse drastique des réserves de change, urgence d’un sursaut national pour éviter le retour au FMI 2022

Les tensions géostratégiques au niveau de la région, la chute des prix du pétrole et surtout du gaz naturel plus de70% depuis 2010 procurant 33% des recettes de Sonatrach qui en plus connaît une baisse de production en volume physique, avec la baisse drastique des réserves de change, ont suscité à l’extérieur des analyses prévoyant de sombres scénarios sur l’avenir de l’Algérie 2021/2023. Pourtant, en ce mois de mars 2021, l’Algérie n’est pas au bord de l’effondrement, ayant une dette extérieure relativement faible inférieure à 6 milliards de dollars. Mais il faut être réaliste et ne pas verser dans la démagogie. La situation pourrait prendre une autre dimension et s’aggraver sans un changement dans le système de gouvernance s’adaptant tant aux nouvelles mutations internes que mondiales.

1- Evolution des réserves de change
-2001 : 17,9 milliards de dollars, 2005 : 56,2 milliards de dollars, 2010 : 162,2 milliards de dollars, 2013 : 194,0 milliards de dollars, 2014 : 178,9 milliards de dollars, 2015 : 144,1 milliards de dollars, 2016 : 114,1 milliards de dollars, 2017 : 97,33 milliards de dollars, 2018 : 79,88 milliards de dollars , 2019 : 62 milliards de dollars. Fin 2020, malgré toutes les restrictions à l’importation, selon la déclaration du président de la République en date du 01 mars 2021 entre 42/43 milliards de dollars les prévisions de la loi de finances complémentaire étaient de 44,2 milliards de dollars contre 51,6 prévus dans la loi initiale.

Comme le PLF2021, les dépenses budgétaires (dépenses de fonctionnement et d’équipement) qui se situent à environ 64,98 milliards de dollars au cours de 128 dinars un dollar au moment de l’établissement de la loi et les recettes fiscales globales (ordinaires et pétrolières) estimées à 41,62 milliards de dollars, nous aurons un déficit budgétaire record de plus de 21,75 milliards de dollars contre à la clôture 2020 de 18,60 milliards de dollars avec un déficit global du Trésor de 28,26 milliards de dollars, soit 17,6% du PIB., le solde des réserves de change fin 2021 devrait s’établir à moins de 20 milliards de dollars. Qu’en sera-t-il en 2022 si le cours du pétrole stagne entre 55/65 dollars et s’il n’y pas de relance économique, la loi de finances 2021 pour son équilibre selon le FMI et la Banque mondiale, nécessitant entre 100/110 dollars le baril ? Cette baisse des réserves de change explique le dérapage du dinar par rapport au dollar et à l’euro qui accélère le processus inflationniste interne où la majorité des produits importés, excepté ceux subventionnés, connaissent depuis décembre 2020 une augmentation variant entre 30/50% en contradiction avec l’indice officiel de l’ONS non réactualisé depuis 2011, le besoin étant historiquement daté. Cette dévaluation qui ne dit pas son nom permet d’augmenter artificiellement la fiscalité hydrocarbures ( reconversion des exportation hydrocarbures en dinars) et la fiscalité ordinaire ( via les importations tant en dollars qu’en euros convertis en dinar dévalué), cette dernière accentuant l’inflation des produits importés ( équipements, matières premières, biens finaux, montant accentué par la taxe à la douane s’appliquant à la valeur dinar, étant supportée en fin de parcours, par le consommateur comme un impôt indirect, l’entreprise ne pouvant supporter ces mesures que si elle améliore sa productivité. En cas de baisse drastique des réserves de change à 10/12 milliards de dollars, qui tiennent la cotation du dinar algérien à plus de 70%, la banque d’Algérie sera contrainte de dévaluer le dinar officiel à environ 200/220 dinars un euro avec une envolée du cours sur le marché parallèle qui fluctue en fonction du taux d’inflation, d’environ 300 dinars un euro minimum, surtout en cas d’ouverture des frontières.

Il sera difficile de combler l’écart avec le marché parallèle pour la simple raison que l’allocation de devises pour les ménages est dérisoire, la sphère informelle suppléant à la faiblesse de l’offre et par ailleurs bon nombre d’entreprises du fait de la faiblesse de l’allocation devises, pour éviter la rupture d’approvisionnement iront au niveau de cette sphère..

2.- Le niveau des réserves de change 2021/2022 dépendra de sept facteurs fonction d’une nouvelle gouvernance.

Les réserves de change ont baissé entre 2019/2020 de 20 milliards de dollars devant tenir compte de la balance de paiements et non de la balance commerciale d’une signification limitée. Pour éviter un retour au FMI qui dans son rapport de janvier 2021 prévoit trois mois d’importation courant 2022.
B. C.

Le Maghreb, 5 mars 2021

Tags : Algérie, réserves de change, devise, FMI,

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