Le Conseil d’administration du FMI conclut les consultations au titre de l’article IV de 2021 avec la Tunisie

Washington, DC: Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu la consultation au titre de l’article IV [1] avec la Tunisie.

La pandémie de Covid-19 a durement frappé la Tunisie et conduit à une récession économique sans précédent. On estime que le PIB réel s’est contracté de 8,2% en 2020, le plus grand ralentissement économique depuis l’indépendance du pays. Le taux de chômage a grimpé à 16,2% à la fin septembre, affectant de manière disproportionnée les travailleurs peu qualifiés, les femmes et les jeunes, et alimentant le mécontentement social. L’inflation a ralenti en raison de la contraction de la demande intérieure et de la baisse des prix internationaux des carburants. Le déficit du compte courant s’est rétréci à 6,8 pour cent du PIB, en raison de la baisse de la demande d’importations et des envois de fonds résilients, malgré un fort impact sur les exportations et l’effondrement des recettes du tourisme.

Le déficit budgétaire et la dette publique ont fortement augmenté en 2020. Le déficit budgétaire (hors dons) aurait atteint 11,5% du PIB. Les revenus ont chuté en raison d’une baisse des recettes fiscales. Des embauches supplémentaires (dont environ 40% dans le secteur de la santé, y compris pour lutter contre Covid-19) ont poussé la masse salariale de la fonction publique à 17,6% du PIB, parmi les plus élevées du monde. La hausse des dépenses a été compensée par une baisse des dépenses d’investissement et des subventions énergétiques. En raison de l’augmentation du déficit budgétaire et de la contraction du PIB, on estime que la dette de l’administration centrale est passée à près de 87% du PIB.

La croissance du PIB devrait rebondir à 3,8% en 2021, alors que les effets de la pandémie commencent à s’atténuer. Cependant, il existe des risques à la baisse considérables autour de cette projection, étant donné l’incertitude quant à la durée et l’intensité de la pandémie et au moment de la vaccination. Les perspectives à moyen terme dépendent essentiellement de la trajectoire future de la politique budgétaire et des réformes structurelles et de gouvernance.

Évaluation du Conseil d’administration [2]

Les directeurs exécutifs ont souscrit à l’idée maîtresse de l’évaluation du personnel. Ils ont noté que la crise du COVID-19 exacerbe les fragilités socio-économiques de la Tunisie. Ils ont salué la réponse politique des autorités à la crise. Les administrateurs ont noté que si la croissance devrait se redresser modestement en 2021, les risques à la baisse dominent. Ils ont convenu que la priorité immédiate était de sauver des vies et des moyens de subsistance et de stabiliser l’économie jusqu’à ce que la pandémie disparaisse. La politique économique doit également se concentrer sur le rétablissement de la viabilité des finances publiques et de la dette et sur la promotion d’une croissance inclusive.

Les administrateurs ont recommandé que la politique et les réformes budgétaires visent à réduire le déficit budgétaire. Dans ce contexte, ils ont souligné la nécessité de réduire la masse salariale et de limiter les subventions énergétiques tout en donnant la priorité aux dépenses de santé et d’investissement et en protégeant les dépenses sociales ciblées. Les administrateurs ont noté que la dette publique de la Tunisie deviendrait insoutenable, à moins qu’un programme de réforme solide et crédible ne soit adopté avec un large soutien. Ils ont également appelé les autorités à rendre la fiscalité plus équitable et plus propice à la croissance et ont encouragé une action visant à apurer les arriérés accumulés du système de sécurité sociale.

Les administrateurs ont souligné qu’une vaste réforme des entreprises publiques (SOE) est nécessaire pour réduire les passifs éventuels. Ils ont encouragé les autorités à adopter un plan visant à réduire les risques fiscaux et financiers des entreprises publiques, à renforcer la gouvernance d’entreprise et à améliorer les rapports financiers et la transparence.

Les administrateurs ont souligné que la politique monétaire devrait se concentrer sur l’inflation en orientant les taux d’intérêt à court terme, tout en préservant la flexibilité du taux de change. Ils ont exhorté les autorités à éviter le financement monétaire du budget. Les administrateurs ont conseillé aux autorités de mettre en œuvre la feuille de route pour le ciblage de l’inflation et de préparer un plan graduel et fondé sur des conditions pour la libéralisation du compte de capital, tout en surveillant de près la solidité du secteur financier.

Les administrateurs ont souligné que la promotion de l’activité du secteur privé est essentielle pour accroître la croissance potentielle et la rendre plus riche en emplois et plus inclusive. Les efforts de réforme devraient se concentrer sur la levée des monopoles, l’élimination des obstacles réglementaires et l’amélioration de l’environnement des affaires. Ils ont salué les efforts visant à accroître l’inclusion financière et à tirer parti des technologies numériques. Les administrateurs ont souligné que le renforcement de la gouvernance est important et ont appelé à une mise en œuvre efficace des régimes de lutte contre la corruption et de LBC / FT. Ils ont également souligné que les dépenses liées au COVID devraient être efficaces et transparentes. Les administrateurs ont salué l’objectif d’investir dans les énergies renouvelables pour lutter contre le changement climatique.

On s’attend à ce que la prochaine consultation au titre de l’article IV avec la Tunisie se tienne selon le cycle standard de 12 mois.

[1] En vertu de l’article IV des Statuts du FMI, le FMI tient des discussions bilatérales avec ses membres, généralement chaque année. Une équipe du personnel visite le pays, recueille des informations économiques et financières et discute avec les responsables de l’évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, le personnel prépare un rapport qui sert de base aux discussions du Conseil exécutif.

[2] À l’issue de la discussion, le directeur général, en tant que président du conseil d’administration, résume les vues des directeurs exécutifs, et ce résumé est transmis aux autorités du pays. Une explication de tous les qualificatifs utilisés dans les résumés peut être trouvée ici: http://www.IMF.org/external/np/sec/misc/qualifiers.htm .

Département de la communication du FMI

Source : International Monetary Fund, 26 fév 2021

Tags : Tunisie, FMI,



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