Maroc-Israël : Le loup sioniste dans la bergerie marocaine

DES RESPONSABLES ISRAÉLIENS ET US À RABAT LA SEMAINE PROCHAINE : Le loup sioniste dans la bergerie marocaine

À quelques jours de l’arrivée, annoncée par les grands quotidiens israéliens, d’une délégation de hauts responsables de l’entité sioniste, qui fera le déplacement à Rabat, prévu mardi prochain, dans l’avion personnel de Jared Kushner, beau-fils de Donald Trump, qui sera à son bord, le chef de la diplomatie du royaume chérifien, Nacer Bourita, n’a pas trouvé mieux pour s’adresser, à l’opinion marocaine opposée à la normalisation avec Israël, que la presse de l’entité sioniste, pour la rappeler, des relations historiques ininterrompues entre le royaume chérifien et Israël.

Dans un entretien, au titre le plus vendu de la presse israélienne, le ministre des Affaires étrangères, Nacer Bourita, du gouvernement du parti islamiste PJD dirigé par El-Othmani, affirme que « de notre point de vue, nous ne parlons pas de normalisation parce que les relations étaient déjà normales » précise-t-il. Indiquant que « nous parlons de rétablir les relations entre les deux pays comme elles l’étaient, car il y a toujours eu des relations et elles n’ont jamais cessé ». Nacer Bourita ne vise pas seulement à convaincre l’opinion marocaine à ne pas être surprise par l’annonce de la décision annoncée du Roi Mohamed VI des relations maroco-israëliennes, mais, c’est pour rappeler les responsables israéliens des multiples et nombreux services qu’a assuré le Maroc à l’entité sioniste, notamment depuis Hassen II au règne de Mohamed VI. Lundi dernier, des manifestants marocains se faisaient harcelés et réprimés, devant le parlement marocain, pour avoir dénoncé et condamné l’annonce des responsables marocains, exigeant la rupture en bonne et due forme des relations entre le Maroc et l’entité sioniste, qualifiant la décision du roi et de son gouvernement de « trahison » du peuple palestinien et « une honte ».

Ceci au moment où le soucis de la teneur de l’accord entre deux systèmes coloniaux, israëlien en Palestine et marocain au Sahara occidental arrive en tête des priorités du Palais royal et son Makhzen, affirmé, la vielle, par le chef de la diplomatie marocaine, dans l’entretien accordé au quotidien israélien, précité. Pour ceux qui durant plus de quatre décennies tentaient vainement de camoufler les dessous de l’étroitesse des relations entre l’entité sioniste et la monarchie marocaine, pour mieux dissimuler la pensée expansionniste sur laquelle s’est appuyé, le système monarchique marocain, via le rôle joué notamment par le parti El-Istiklal. Au fil du temps et des années, ce parti a été relayé, selon les conjonctures et le contexte, des années après, par la formation politique authenticité et modernité, lancée, par un ami du roi Mohamed VI, Fouad El-Hemma, puis par le parti islamiste de Saâd Edine El-Othmani.

Les langues du Makhzen se délient

Le PJD, notamment, des dirigeants viennent de dévoiler au grand jour, le jeu qu’ils ont si bien caché jusque-là, derrière les murs des Palais du roi et les couloirs du pouvoir, entre le soutien à la cause palestinienne, par le grand mensonge et les discours trompeurs, que viennent de découvrir les marocains, dont les militants de base du PJD, après l’annonce du Roi et son gouvernement, de relations « ininterrompues » entre Rabat et l’entité sioniste. Aux postes avancés, des commandes de l’observateur marocain de refus de normalisation avec l’entité sioniste, les cadres du PJD et leurs collègues à l’exécutif aux yeux de l’opinion marocaine et arabe, ont marchandé avec le diable, une renonciation à la lutte du peuple palestinien, pour arracher une simple annonce de décision du président américain sortant, qui n’a aucun impact sur la question sahraouie à l’ONU, ni même la nature politico-juridique, et même historique, du conflit, opposant le Maroc au Front Polisario.

Nombreux à travers le monde, ceux qui n’étaient pas surpris, responsables de pays, institutions, ONg et associations ont affirmé que le Maroc ne pouvait faire mieux et faire autrement que de recourir au marchandage, comme il l’a toujours fait, s’appuyant sur le lobbying sioniste et les recettes de l’argent de la drogue, pour acheter des postures, ici et là, en faveur de son occupation, depuis 1975, du Sahara occidental.

Dans sa course à être secouru dans sa colonisation au Sahara occidental, non seulement par un colonisateur, mais aussi par les monarchies arabes ne bénéficiant d’aucune considération ni sympathie de la part des peuples de la région arabe, le Maroc vient de s’engouffrer, non seulement dans une guerre contre les sahraouis, depuis sa violation du cessez-le-feu de l’ONU, au Sahara occidental, mais également contre une opinion marocaine et internationale, outre les membres de l’Assemblée générale qui, sans vote, ont adopté une nouvelle décision sur la question sahraouie, lors de sa 75e session, réitérant le statut légal du Sahara occidental en tant que question de décolonisation. Une bataille qui se fera sur la base du droit international, et non sur les règles du marché, les transactions et le troc sur la base des relations instables, des grandes places boursières et non le cours de l’Histoire. Celui –ci n’ayant plus à démontrer et à prouver que l’indépendance et la dignité sont au bout du chemin de la lutte des peuples, chemin emprunté avec détermination et sacrifices par les peuples palestinien et sahraoui, dans leur combat libérateur, que les transactions, le troc et les trahisons ne les empêcheront pas de savourer l’Indépendance.
Karima Bennour

Le Courrier d’Algérie, 17 déc 2020

Tags : Algérie, Maroc, Sahara Occidental, Israël, Donald Trump,

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