Maroc-Sahara Occidental : Le deal de la honte

Le coup de Jarnac d’un président, en mal de légitimité et au service exclusif des intérêts du sionisme, a frappé par sa légèreté et le déni de légalité. A près d’un mois de la fin de son mandat tumultueux, le président américain défait, dissuadé par ses conseillers de ne pas recourir aux bombardements des installations nucléaires iraniennes et encouragé par la vague de normalisation arabe, se lance dans une aventure aux conséquences graves pour la stabilité et la sécurité dans la région de toutes les turbulences.

Sur les traces du deal de la honte, enterrant l’espoir d’un règlement pacifique, juste et durable de la question palestinienne, le troc conclu sur le dos du peuple sahraoui s’interprète comme une violation des fondements de l’Amérique libérée du joug colonial britannique, à la faveur d’une guerre d’indépendance héroïque, et du principe fondateur de la doctrine Wilson consacrant le droit à l’autodétermination.

La légitimation de l’occupation marocaine, consentie en contrepartie d’une normalisation avec Israël, a ébranlé l’Amérique unie contre une décision «choquante» et «profondément décevante», ainsi que l’affirme le président de la commission de défense du Sénat, le sénateur de l’Oklahoma, James Inhofe.

Cette levée de boucliers, enregistrée dans les camps républicains et démocrates, est motivée par la remise en cause des efforts internationaux pour le règlement du conflit maroco-sahraoui, le rejet des voies multilatérales légitimes et l’abandon, comme le fera remarquer l’ancien conseiller à la sécurité, John Bolton, «l’abandon de 30 années de politique américaine sur le Sahara occidental».

Ce pacte de la honte, marqué du sceau de l’infamie et du chantage, connaîtra le même sort que l’alliance tripartite de 1975, dénoncée en 1979 par l’une des parties contractantes, la Mauritanie en l’occurrence, et enterrée par la signature des accords de paix de septembre 1991. Il interpelle fondamentalement l’ONU, affirmant que la position sur la question sahraouie reste inchangée. Il est donc temps de rétablir dans ses droits légitimes le peuple sahraoui, victime de la politique du fait accompli, de l’inertie onusienne et de l’impunité.

En membre fondateur de l’Union africaine, la République arabe sahraouie démocratique attend beaucoup plus de ses partenaires africains un engagement à la mesure des défis qui pèsent sur le devenir du continent. Inscrite dans l’agenda du Conseil de la paix et de la sécurité de l’UA, la question sahraouie impose, aujourd’hui, plus que jamais, un front uni pour préserver ses fondements et ses principes désormais à l’épreuve de la décolonisation du Sahara occidental.

Horizons, 13 déc 2020

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