Une cause sacrifiée

Donald Trump dans l’euphorie de la signature de la normalisation des relations entre Israël et les deux pays du Golfe, Bahreïn et Emirats arabes unis, a déclaré que ces deux pays seront suivis par 5 ou 6 pays arabes qui signeront le même traité avec l’entité sioniste. Le président américain qui se fout de la paix et des droits de l’homme comme de sa dernière chemise, fait le forcing pour voir son œuvre prendre effet avant les élections américaines.

Pour Trump, « ces victoires diplomatiques » sont des trophées qu’il compte bien utiliser pour tenter d’inverser la courbe des sondages, qui le place bien loin derrière son adversaire démocrate, Joe Biden. Pour lui, les choses sont simples et claires. Les pays arabes du Golfe et les autres qui bénéficient de la protection de l’armée américaine doivent aujourd’hui payer et lui rendre la pareille. Il se sent en droit de leur exiger de lui renvoyer l’ascenseur, au risque de se voir tous privés du parapluie américain.

Mardi passé, sur le perron de la Maison Blanche, les représentants du Bahreïn et des Emirats rappelaient les tristes images de la signature de l’acte de capitulation des dignitaires japonais sur le navire de guerre américain Missouri, mettant fin à la guerre du Pacifique lors de la deuxième guerre mondiale.

Une image des vaincus. La même qu’on a revue ce mardi sur les visages des Bahreïnis et des Emiratis. L’image des Arabes défaits et serviles qui ont offert la Palestine sur un plateau au plus sanguinaire des Premiers ministres Israéliens qui a sur les mains le sang de milliers de Palestiniens, dont une majorité de femmes et d’enfants.

Mais les Arabes ont beaucoup perdu de leur souveraineté et ils ne pouvaient résister aux injonctions du locataire de la Maison Blanche. L’homme a tout perdu sur la scène intérieure américaine, notamment avec sa gestion catastrophique de la crise sanitaire, et il n’admettait pas que les capitales arabes puissent lui refuser cette seule bouée de sauvetage qui lui restait. A savoir faire l’illusion d’un président qui aurait réussi là où tous ses prédécesseurs avaient échoué. Il a réussi à imposer une fausse image d’un homme de paix en ordonnant à ses alliés arabes de marcher avec lui et de ne pas lui jouer de mauvais tours. D’ailleurs il était tellement sûr de son fait, qu’il a rappelé que d’autres pays arabes, aussi, allaient passer à la table pour serrer la main au bourreau de Tel-Aviv.

Tout cela doit se faire avant le premier mardi de novembre prochain. Les Arabes sont avertis et doivent s’y plier. La cause palestinienne est encore une fois sacrifiée

Par Abdelmadjid Blidi

Ouest Tribune, 19 sept 2020

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