Algérie : La culture de l’amnésie au service de l’impunité

Les écrits restent. En Octobre 2009, le wali de l’époque avait assisté à la réouverture du Palais de la culture Zeddour Brahim alors fermé pour des travaux de réaménagement.

Il est vrai que les murs ont été repeints en blanc, des barreaudages en fer forgé ont été installés et une nouvelle enseigne en lettres dorées a été placée. Une opération qui avait coûté une coquette somme d’argent, visant disait-on, à réhabiliter le siège de cette institution culturelle. Mais on sait, malheureusement, que depuis son affectation, il y a plus de trente ans, au service de la culture locale, l’ancienne «maison du Colon» située à l’ex place Kargentah avait déjà fait auparavant l’objet de pas moins de quatre opérations d’aménagement et de rénovation, des plus modestes aux plus coûteuses…

On se souvient notamment de grand chantier de restauration où même les dalles de sol et le revêtement mural en beau marbre blanc furent enlevés, remplacés par d’autres médiocres solutions. On retient également ces aménagements de locaux commerciaux ouverts sur l’extérieur du bâtiment, affectés à des commerçants privés au nom d’une présumée promotion de l’art et de l’artisanat. Et les responsables locaux de l’époque fanfaronnaient abusivement autour de cette action qui aura coûté pas moins de 9 milliards de centimes. Sans compter l’argent dépensé pour les opérations d’aménagement précédentes, inscrites aujourd’hui au registre des tâtonnements et des dérives qu’il faudrait oublier.

Et hier, on apprenait que les travaux de «dernière phase» du projet d’aménagement en cours de ce palais de la culture, appelé désormais maison de la culture, Zeddour, ont été lancés. Une annonce des services de la Wilaya publiée par la presse locale. On précise également que «l’édifice a fait l’objet de travaux de confortement, car il se trouvait dans un état de délabrement touchant les fondations, les piliers et la toiture». Ce qui ne peut qu’accentuer le doute et les interrogations sur toutes les anciennes et nombreuses opérations de réaménagement engagées par les gestionnaires successifs.

La culture de l’amnésie au service de l’impunité est à la hauteur de la fascination collective pour la médiocrité et la régression.
Par S.Benali

Ouest Tribune, 6 sept 2020

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