Le génocide des Tutsi au Rwanda

L’accession à l’indépendance du Rwanda est marquée par des tensions ethniques. Un pouvoir autoritaire, se proclamant Hutu, se met en place pour plusieurs décennies, et les Tutsi sont une minorité mal vue et largement discriminée dans la société.

Le 6 avril 1994, l’avion du président hutu Juvénal Habyarimana, au pouvoir depuis 20 ans, est abattu dans le ciel de la capitale, Kigali. Cet événement déclenche une flambée de violence sans précédent dans tout le pays. Les Tutsi sont accusés d’être responsables de cet assassinat, et les autorités politiques Hutu extrémistes appellent à leur éradication définitive.

Largement prémédité, le génocide des Tutsi va durer trois mois et demi et mobiliser toute la société, militaires, politiques et citoyens. Les radios hutu diffusent des appels à la haine, on distribue des congés pour pouvoir aller tuer des Tutsi, chaque commune organise les tueries. Une grande partie des citoyens participe à l’horreur, conditionnée par la propagande qui a déshumanisé les victimes. On assassine ses voisins, voire les membres de sa propre famille, dans une mécanique glaçante.

Les Hutu modérés sont également pris pour cible. On estime à 800 000 le nombre de morts. Le génocide s’arrête au mois de juillet, avec la conquête du pays par les rebelles tutsi exilés à l’étranger, dirigés par le futur président Paul Kagame.

La fuite des génocidaires vers le Zaïre et leur poursuite par le nouveau pouvoir rwandais va déstabiliser le pays, et contribuer à la chute de Mobutu (voir « Du Zaïre de Mobutu à la RDC »). La nouvelle société post-génocide se construit sur l’abolition des ethnies mises en place durant la colonisation : Tutsi et Hutu sont des différenciations qui ne peuvent plus exister d’après les autorités en place. Le traumatisme est pourtant toujours présent dans la société et dans le chef des survivants, et malgré les nombreux procès nationaux et internationaux pour crime contre l’humanité intentés aux principaux responsables.

L’ombre du génocide est aujourd’hui utilisée par le pouvoir autoritaire pour se maintenir en place, clamant que sans lui, les violences pourraient revenir.

Source :belvue.be

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