Attentat Charlie Hebdo : La piste marocaine

D’après une note confidentielle de la diplomatie marocaine datée du 20 janvier 2014, le Chargé d’Affaires de l’Ambassade du Maroc au Yémen, Hicham Oussihamou, s’est entretenue avec l’Ambassadeur français à Sanaa à l’époque, Franck Gellet.

Selon cette note, « au cours de cette réunion à laquelle a pris part un élément de la DGED, l’Ambassadeur français a tenu à m’informer de l’arrivée à Sanaa d’une quarantaine de ressortissants marocains qui vivaient à la ville de Damage située au nord du Yémen. Et d’ajouter que les intéressés portaient également des nationalités européennes notamment française d’où sa préoccupation quant à leur éventuel retour en France sans qu’il soit possible de les identifier ».

M. Franck Gellet « a émis son souhait de voir s’établir une coopération entre les deux Ambassades pour traiter conjointement ce dossier ». « Par ailleurs, Mr Gellet m’a révélé qu’au cours de son entretien avec le Président yéménite, ce dernier a vigoureusement insisté sur le rappatriement immédiat vers leurs pays d’origine des salafistes qui combattaient contre le mouvement Houthi au Nord », a-t-il ajouté.

Le diplomate marocain a précisé à son interlocuteur que « lesdites personnes, contrairement à ce qu’il a avancé, gardent toujours un des liens étroits avec le Maroc et que, s’ils souhaitent regagner leur pays, cette Ambassade prendra toutes les dispositions nécessaire pour faciliter leur départ du Yémen ».

Un mois après, jour par jour, le 20 février 2014 plus précisément, des policiers français débarquent à la Résidence de l’Ambassadeur du Maroc à Paris dans le but de notifier Abdellatif El Hammouchi, directeur général du DST marocain alors de passage à Paris, qu’il est convoqué dans le cadre d’une instruction basée sur des plaintes de citoyens franco-marocains qui accusent le patron du contre-espionnage marocain de torture. Contrariées, les autorités marocaines décident suspendre la coopération qui lie les deux pays en matière de justice.

Le 7 février 2015, le siège du journal satirique français Charlie Hebdo est secoué par un horrible attentat. Ses auteurs invoquent l’appartenance à la branche yéménite d’Al-Qaïda. De là à faire la relation avec la note diplomatique marocaine et les craintes françaises il n’y a qu’un pas vite franchi.

Selon Le Monde, l’enquête sur les attentats de Paris, en janvier dernier, s’oriente aujourd’hui, notamment, sur la piste d’un donneur d’ordre étranger. Le quotidien évoque une personne susceptible d’avoir coordonné à distance les attaques des frères Kouachi contre Charlie Hebdo, le 7 janvier, et d’Amedy Coulibaly à l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, le 9 janvier.

A cela s’ajoute une vérité que les politiciens de l’Elysée ne pourront pas dissimuler. Des ressortissants marocains se trouvent derrière l’attentat du Bataclan perpétré le 13 novembre 2015.

Le 21 août 2015, un marocain de 26 ans est monté à bord d’un train reliant Paris-Amsterdam avec une kalachnikov et des pistolets automatiques dans le but de massacrer les passagers. On apprendra plus tard qu’il s’agissait d’un islamiste responsable des attentats du Bataclan à Paris, puis de Bruxelles un peu plus tard. Après avoir sorti son arme et essayé d’abattre un homme, il a été maîtrisé à mains nues, essentiellement par trois américains de retour de vacances et présents dans le wagon, dont deux étaient des militaires.

Le 22 mars 2016, la signature marocaine est scellée dans la station de métro Maelbeek à Bruxelles et dans le hall des départs de l’aéroport de Bruxelles-National à Zaventem.

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