CEDEAO : Guéguerre entre les supplétifs de la France

Lors de la dernière visioconférence de la CEDEAO sur la situation au Mali, le président de la Guinée Bissau s’est démarqué de ses homologues ouest-africains en adoptant une position critique vis-à-vis de cette organisation régionale devenue, en réalité, un instrument dont l’objectif est de donner un souffle à la Françafrique.

En effet, Umaro Sissoco Embaló n’a pas hésité à tacler les deux présidents qui tentent de briguer un troisième mandat en Guinée Conakry et Côte d’Ivoire.

Sissoco s’est montré favorable à la condamnation du coup d’État au Mali, mais a relevé que la CEDEAO devrait adopter la même attitude pour « tous les coups d’État ». Et d’ajouter que, selon lui, « les troisièmes mandats » étaient également des coups d’État. Une opinion largement partagée par les opinions publiques locales et internationales.

Les deux poids deux mesures qui caractérise les positions de la CEDEAO ont été dénoncés par l’ancienne ministre bissau-guinéenne, Nelvina Barreto qui accuse cette entité de s’écarter de ses objectifs et de servir les intérêts des chefs d’État au lieu des intérêts des peuples de la région.

Dans une interview accordée à la chaîne de télevision allemande DW, Mme Barreto affirme que la CEDEAO s’est laissée enchevêtrée dans une toile dans laquelle elle protège principalement les responsables gouvernementaux qui sont incapables de répondre aux souhaits de leurs populations.

En Côte d’Ivoire, ainsi qu’en Guinée-Conakry, la CEDEAO n’a pas pu empêcher les deux chefs d’État de tenter de briguer un troisième mandat, même en violation de leurs constitutions respectives.

Pour changer le cours des événements dans la performance de la CEDEAO, Barreto propose l’inclusion des voix de la société civile dans la prise de décision et dit qu’il est fatal d’ignorer le peuple pour défendre les intérêts des présidents.

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