Un affront pour le Maroc : exclu du sommet sino-africain

Un affront pour Rabat

La Chine a trié sur le volet ses invités pour le sommet extraordinaire sur le Covid-19 et en tête de liste de ces nations figure l’Algérie comme pays pivot en Afrique du Nord.

Cinglant revers pour le Maroc qui aspire à un rôle de leadership dans la région d’Afrique du Nord. Le sommet extraordinaire Chine-Afrique sur le Covid-19 s’est tenu, mercredi dernier, sans la présence du Maroc qui, pourtant, a bâti toute une stratégie d’intense cooptation avec la Chine. Or, parmi les pays pivots sur lesquels veut s’appuyer le géant chinois en Afrique, le Maroc ne figure même pas. Du coup, tous les plans fignolés par les stratèges du royaume depuis le début de l’année 2020, tombent à l’eau. Depuis 2016, Rabat convoite Pékin pour en faire un partenaire économique sur lequel elle assoiera sa stratégie de hub africain. Pour les dirigeants marocains, la Chine ne sera qu’un marche-pied pour un essor économique. Le 16 janvier dernier, la Royal Air Maroc inaugure la première ligne directe entre Casablanca et Pékin.

A cette liaison aérienne est venue s’ajouter le projet de l’année culturelle et touristique sino-marocaine, sans compter la suppression des visas en attendant que des millions de touristes chinois se ruent vers le Maroc. Le Covid-19 en a voulu autrement. Quelques jours après son lancement, la ligne directe entre Casablanca et Pékin a été suspendue. Les réservations de touristes sont annulées par milliers et l’année culturelle tombe à l’eau. Au creux de cette vague induite par la pandémie, le Maroc n’a pas eu les faveurs de la Chine qui a trié sur le volet ses invités pour le sommet extraordinaire sur le Covid-19. En tête de liste de ces nations figure l’Algérie comme pays pivot en Afrique du Nord au grand dam du Maroc. Entre les deux pays, les relations dépassent la conjoncture de la pandémie de Covid-19 ou les intérêts strictement économiques. Les liens remontent à bien avant l’indépendance de l’Algérie quand Pékin avait prêté aide et assistance à la révolution que menaient les combattants algériens contre le colonialisme français.

«La Chine et l’Algérie sont des partenaires stratégiques globaux liés par une amitié exceptionnelle. Face à l’épidémie de Covid-19, la Chine continuera à rester aux côtés de l’Algérie et à fournir du soutien et des aides selon ses capacités», a écrit, en avril dernier, l’ambassadeur chinois dans une contribution publiée dans la presse nationale. Les 14 pays qui ont participé à cette rencontre qui s’est déroulée par visioconférence sont appelés à devenir des «hubs sanitaires» pour couvrir l’ensemble du continent africain.

Le président Abdelmadjid Tebboune qui a pris part à ce sommet est perçu comme une occasion pour la Chine et les pays africains d’accroître la confiance mutuelle et la solidarité, de faire avancer la coopération multilatérale, de réduire l’impact du Covid-19 «.

Dans une déclaration conjointe sanctionnant les travaux du sommet, les participants, des dirigeants des pays africains, dont les membres de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA, les présidents tournants des principales organisations sous-régionales africaines et le président de la Commission de l’UA, ont mis l’accent sur «l’importance de la collaboration mondiale» et appelé à «une coopération internationale intensifiée, à l’unité, solidarité et efforts conjoints pour contenir et atténuer la pandémie».

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Tags : Maroc, Chine, Afrique, Algérie, sommet extraordinaire Chine-Afrique,

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