Salé-2: la prison à fabriquer des terroristes

Il s’agit dun sujet qui est un tabou au Maroc. Le seul journaliste qui a osé en parler, Rachid Nini, l’a payé avec une année de prison ferme.

Dans une nouvelle vidéo, le prisonnier politique sahraoui Mohamed Dihani, dévoile les méthodes utilisées par la DST pour fabriquer des terroristes. Le but de cette opération est double :

– Vendre une prétendue efficacité des services de sécurité marocains

– Envoyer un message d’intimidation aux pays occidentaux en vue de se présenter comme leur protecteur.

– Diaboliser les sahraouis, en les présentant comme une menace potentielle contre les intérêts de l’Occident.

Dans ce but, les autorités marocaines annoncent, périodiquement, des démantèlements de cellules supposées avoir commis ou ayant l’intention de commettre des attentats. Des annonces qui ont été précédées d’un minutieux travail visant à leur créer le terrain propice. L’essentiel du travail se déroule dans la prison de Salé-2 où se trouvent les principaux condamnés pour des accusations liées au terrorisme et au trafic de drogue. Le rôle principal retombera sur un salafiste qui agit sous les auspices d’un officier de la DST.

M. Dihani cite plusieurs noms de Cheikhs salafistes qui ont participé dans ces opérations téléguidées : Hassan Khattab, El Haddouchi, Hassan El Kettani, Chadhli, Mohamed Jok, et d’autres.

Modus operandi

A l’intérieur de la prison, les candidats sont choisis selon les critères suivants :

– Etre jeune, ignorant et avoir une peine courte (2 ou 3 ans)
– Etre le fils d’une famille pauvre qui n’aura pas le moyens de se battre pour le libérer ou faire de bruit.

Dès son arrivée en prison, le candidat qui nous appellerons « Kader » est mis dans une cellule avec un groupe choisi. Parmi le groupe, un érudit du salafisme que nous appellerons le « Cheikh ». Le discours de ce dernier est bienvenu. Ses paroles de foi sont considérés comme une force morale pour résister à l’épreuve de la détention. Le Cheikh agit sous les ordres d’un officier de la DST qui se trouve parmi le personnel qui dirige la prison.

Kader vient d’être arrêté pour un crime banal. Souvent, trafic de drogue ou vol. Il n’est pas pratiquant et n’a jamais entendu parler de religion. Il porte un jeans et se coiffe comme Mike Tyson.

Dans cette étrange ambiance, le Cheikh l’invite à écouter les paroles du Seigneur. Quelques jours après, lui apporte une tenue traditionnelle, un boubou, et des sandales pour se débarrasser des bottes. Il a droit même à des petits parfums de fabrication locale.

Kader remarque que le Cheikh jouit de nombreux privilèges. Sa parole est respectée dans la prison et ses désirs sont des ordres. Il s’accroche à lui. Dans la prison, ces Cheikhs sont les seuls à avoir droit à une chambre pour recevoir la visiste de leurs femmes et leur faire l’amour.

Pour avoir droit à des visites familiales régulières, Kader doit offrir un cadeau à ses geôliers, mais il n’a pas les moyens. Le problème est vite résolu, grâce à l’intervention divine du Cheikh. Ce dernier le lui apporte. Kader se dit « qu’est-ce que je serai sans l’aide du Cheikh? ». Ses services rendus sont innombrables, au même temps qu’il donne des précieux cours quotidiens de fiqh (endoctrinement religieux).

De leur part, les autorités de la prison ont fait comprendre aux prisonniers que ceux qui deviendront les disciples du Cheikh auront droit à un traitement spécial. Celui qui s’y oppose recevra une cruelle punition.La soumission au Cheikh devient leur seul salut.

Kader vient de recevoir de son Cheikh un précieux cadeau : un téléphone portable et une puce avec des enregistrements du Coran. Il est content, écouter les versicules du livre sacré contribuera à alléger ses peines et lui assurera le bonheur dans la vie de l’au-delà, celle du paradis entouré de belles sirènes à sa merci.

Plus tard, il recevra des vidéos des enregistrements des grands Faqihs de l’Arabie Saoudite connus pour leur discours religieux attrayant et influent, des vidéos des musulmans sunnites massacrés par des chiites…

La troisième et dernière phase est de lui inculquer le souhait de se venger des criminels qui assassinent « ses frères musulmans » (Etats-Unis, France, Belgique, chrétiens, juifs, les régimes considérés despotiques et infidèles…). Parfois, ils sont tellement chargés qu’ils expriment au Cheikh leur souhait de rejoindre le Jihad en Irak, en Syrie ou ailleurs. Leur gourou prendra le soin d’en informer ses contacts de la DST.

L’effet des discours du Cheikh est perceptible. Au bout de quelques jours, ses « élèves » portent des vêtements traditionnels et laisse pousser la barbe.

Le Cheikh leur apporte des puces contenant, à leur insu, des adresses de sites pour apprendre à fabriquer des bombes artisanales, des vidéos d’Al Qaïda contenant des scènes violentes, d’éventuelles crimes commis contre des sunnitess, viols, des vidéos critiquant certains régimes dont celui du roi du Maroc, Mohammed VI. Ce dernier est qualifié de « kafir » (infidèle) tout en véhiculant l’idée de la légitimité de le combattre.

D’autres enregistrements suivront : des grands Faqihs de l’Arabie Saoudite connu pour leur discours religieux attrayant, des vidéos des musulmans massacrés. La troisième et dernière phase est de lui inculquer la souhait de se venger des criminels qui assassinent « ses frères musulmans » (Etats-Unis, France, France, Belgique, chrétiens, juifs, les régimes considérés despotiques et hérétiques…). Parfois, ils sont tellement chargés qu’ils expriment au Cheikh leur souhait de rejoindre le Jihad en Irak, en Syrie ou ailleurs. Son gourou prendra le soin d’en informer ses contacts de la DST.

L’effet du travail du Cheikh est perceptible. Au bout de quelques jours, ses « élèves » portent des vêtements traditionnels et laisse pousser la barbe. A sa sortie, Kader a été remoldé. A cause de son niveau intellectuel, son cerveau a été lavé de telle façon qu’il se croit dans le devoir de faire de nouveau adeptes en les conduisant sur le chemin du salut. Il veut transmettre son expérience avec la foi, apporter son grain de sel dans l’édification du sentier vers le paradis éternel. Il se fait entourer d’amis, de parents, de gens intéressés par son discours. Il maintient des contacrs réguliers avec eux. Tout cela sous l’œil attentif de la DST. Lorsqu’il aura un petit cercle, il ira en prison avec ses amis accusé d’avoir créé une cellule terroriste.

Lors des interrogatoires musclés visant à obtenir des aveux forcés, les victimes sont parfois confrontés au Cheikh pour les pousser à reconnaître les faits qui leur sont imputés. « Craignez Dieu et avouez !, leur disait-il. Aurais-tu oublié le jour où nous disions ceci, cela… ? ».

Des centaines d’âmes innocentes se sont retrouvées dans la situation de Kader. Parmi eux, le jeune avec un cercle dans la photo ci-jointe. Sa manipulation l’a poussé, en compagnie de deux autres, à égorger deux touristes scandinaves dans la région de Marrakech. Dihani l’a connu en prison lors du processus de son lavage de cerveau.

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