DROITS DE L’HOMME AU SAHARA OCCIDENTAL : Le Maroc sous surveillance

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C’est à travers une correspondance adressée au président de la République sahraouie que le Haut Commissariat de l’Organisation des Nations unies a fait part de cette décision.
La bataille diplomatique que le Front Polisario mène depuis des mois pour que soit instauré un mécanisme de surveillance des droits de l’homme au Sahara occidental, commence à porter ses fruits. Dans une lettre adressée à Mohamed Abdelaziz, la haut-commissaire onusienne aux droits de l’homme a affiché sa détermination à prendre en charge le dossier concernant le Sahara occidental. Une mission y sera dépêchée pour évaluer la situation des droits de l’homme: «Cette mission n’est pas d’actualité mais le Haut Commissariat onusien aux droits de l’homme est décidé à suivre la situation à partir de Genève», a indiqué Navy Pillay dans une dépêche répercutée par l’agence de presse officielle sahraouie SPS.
Les responsables sahraouis viennent sans conteste de marquer un point. «Je tiens à vous remercier de votre lettre datée du 10 avril 2010, concernant la situation des droits humains au Sahara occidental. Je suis également préoccupée par la situation actuelle dans le territoire», a déclaré la haute fonctionnaire de l’ONU par le biais d’une lettre adressée au président de la République sahraouie, Mohamed Abdelaziz. Dans une missive adressée à l’Organisation des Nations unies suite à l’agression dont ont été victimes 12 militants sahraouis des droits de l’homme à l’aéroport de Laâyoune après leur retour des camps de réfugiés de Tindouf, Mohamed Abdelaziz avait dénoncé la politique de répression des autorités marocaines qui vise «à instaurer un climat de racisme haineux et à encourager le chauvinisme aveugle» à travers «la mobilisation de milices de services de sécurité marocains en tenue de colons marocains pour perpé-trer des actes de terreur mettant en danger la vie des citoyens sahraouis». Navethem Pillay a été très sensible aux inquiétudes exprimées par le secrétaire général du Front Polisario.
La responsable onusienne a assuré que les informations sur la situation des prisonniers politiques sahraouis, et les cas de disparitions signalés par le leader sahraoui ont été transmises aux structures des Nations unies chargées de la question des droits de l’homme.
Le secrétaire général de l’ONU serait-il en train de se rattraper après avoir omis de signaler dans son rapport au Conseil de sécurité les préoccupations sans cesse répétées par les responsables sahraouis concernant la question des droits de l’homme? Les forces d’occupation marocaines qui se sont opposées à ce que la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso), soit dotée de prérogatives qui permettraient de les faire respecter, avaient intensifié leur politique de répression à l’approche du renouvellement du mandat de la Minurso sans que Ban Ki-moon n’en face cas dans son document. Un oubli «extrêmement malheureux», a jugé l’Observatoire international des ressources naturelles du Sahara occidental. Le Front Polisario qui a fait de la question des droits de l’homme une de ses préoccupations majeures, menace, de guerre lasse, de reprendre les armes. «L’enlisement du conflit est en train de conduire les Sahraouis à la limite de leur patience. Nous sommes aujourd’hui, dans une phase où la révision de notre vision et de nos relations avec la Minurso nous paraît inévitable», a fait savoir à la presse Abdelkader Taleb Omar. «Par conséquent, commence pour nous la transition vers une nouvelle étape où il ne peut y avoir que deux solutions: la paix ou l’escalade militaire», a ajouté en guise de conclusion le chef de l’Exécutif sahraoui, le 29 mai 2010, dans son intervention de clôture des 4es Journées des Universités publiques madrilènes sur le Sahara occidental.
Un message clair en direction des instances internationales pour faire respecter la légalité internationale et laisser au peuple sahraoui le choix de s’exprimer librement sur son indépendance… sans recourir au cliquetis des armes. Navy Pillay semble en tous les cas y avoir prêté une oreille attentive.
Mohamed TOUATI
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